Les chroniques des potos #1: Alkpote et Butter Bullets – Ténébreuse Musique

La Ténébreuse Musique, chronique d’un album provenant tout droit des tréfonds des Enfers.

Pour la p’tite présentation du projet, la Ténébreuse Musique c’est le fruit de la collaboration entre le génialissime  Alkpote (le seul rappeur qui s’habille en nazi pour faire un clip dans les bois) et de la non moins génialissime bande de sales gosses insolents Butter Bullets composé du MC Sidisid et du beatmaker Dela dont j’te conseille vivement d’écouter l’album Memento Mori sorti l’année dernière qui est tout simplement excellent et qui n’est pas si loin de l’ambiance de ce projet qu’est la Ténébreuse Musique.
Le délire de la « Ténébreuse Clique » a pu prouver son potentiel dès 2013 avec le morceau sobrement intitulé « Chien ». S’en suivra d’autres feats (dont le monstrueux « Prêt pour la guerre » présent sur l’album Memento Mori cité plus haut) ne faisant que renforcer l’envie d’avoir un album commun entre les deux partis. À force de se faire harceler par les auditeurs, les gars ont fait une campagne KissKissBankBank. La clef pour accéder à ce merveilleux (potentiellement) album ? 10 000 € . Tu t’doutes bien que si aujourd’hui j’écris dessus c’est qu’ils ont réussis à récolter l’argent nécessaire pour produire le projet (d’ailleurs va faire un tour sur la page de la campagne et regarde donc les contreparties, tu verras à quel point ces mecs peuvent aller). Bon, c’est parti pour le royaume de la crasse.

Après un morceau d’introduction pas forcément mauvais mais pas forcément inoubliable non plus, voilà qui arrive « 32 PPK » qui fait référence à la fameuse rumeur comme quoi Hitler se serait suicidé avec ce modèle de pistolet populaire chez les allemands de cette époque (si tu vois c’que je veux dire…). À mon humble avis, c’est réellement à partir de ce morceau que l’album débute vraiment. Clairement tout ce qu’on était en droit d’attendre de la Ténébreuse Musique est là. Des textes bien mongols comme il faut en passant par l’instru bien sombre qui donne un côté malsain au truc. TOUT est là, et on est même pas encore à l’apogée de l’album qui arrivera un peu plus tard mais on en parlera au moment voulu.
Les feats sont de très bonne facture, mention spéciale pour « No Limit » feat Hamza, le nouveau prince de la trap mongol, allez écouter son projet H24 si vous aimez Young Thug ou même si vous ne l’aimez pas, allez l’écouter, c’est un ordre. Le seul morceau en featuring qui ne m’a vraiment pas transcendé, « Petit Coeur » avec K-Luv et aussi très certainement le seul morceau de l’album que je n’aime pas spécialement.
Il y a deux morceaux instrumentaux, toujours produit par Dela (bien qu’il n’ai pas produit tout l’album), où le mot « ténébreux » prend tout son sens. Plus particulièrement sur le deuxième morceau où il y a quelque chose de mystique au niveau de l’ambiance.
Notons également le morceau « Méga Pute » avec un solo d’Alk dans un délire qui lui est propre, un texte totalement pété avec des enjaillements qui rentrent TRÈS facilement dans la tête (pu-pu-pu-pute / salope salope salope salope salope), bref, une piste extrêmement efficace.

Comme je l’ai dit plus haut, l’atmosphère générale de l’album est vraiment malsaine, et s’il y a bien UN morceau du projet qui pourrait être le synonyme de « perfection malsaine » dans le dictionnaire, c’est bien le beau, le grand, le magnifique « L’île de l’incantation ».
Tu pensais que 32 PPK serait le meilleur morceau de l’album ? Et ben détrompe-toi, parce que là nous n’avons pas affaire à un simple titre, c’est bien au dessus de ça. Appelle ça comme tu veux, un hymne, un verset de la bible satanique, peu importe tant que c’est quelque chose de fort.
J’exagère ? Écoute ne serait-ce que la somptueuse prod (de Dela) avec un côté triomphant voir épique et ose me dire que ce morceau ne mérite pas sa place dans le panthéon des meilleurs morceaux de tous les temps. Dois-je vraiment vanter les lyrics quand on sait qu’Alkpote et Sidisid posent sur la prod ? Bon, évidemment qu’il n’y a aucune phase à jeter, l’intro va te rentrer dans la tête, le refrain, le texte d’Alk est bien débile comme à son habitude (c’est pas un défaut, hein) mais ma partie préférée de L’île de l’incantation reste le couplet de Sidisid : destructeur, une annihilation sur tous les côtés de ton cerveau, « est-ce que tu sens l’ogive ? » comme il le dit si bien. Typiquement le morceau qui ferait parfaitement office de bande son au jour de l’Apocalypse.

Personnellement, c’est, à mon sens, le meilleur album de rap et le projet le plus intéressant depuis des années, voir depuis des millénaires. Un album totalement à part dans le paysage du rap et, qui plus est, excellent. Donc évidemment que je t’ordonne d’aller l’écouter sur-le-champ.

Cette chronique vous a été présenté par @Blackcoreux.

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Fast’Chronique n°1

-Yo ! Ici Fast’Chronique, livraison à domicile de chroniques écrites à chaud, que voulez-vous commander ?
-Je voudrais un album de pop-prog metal aéro-mélodique, dans un menu “chronique pas trop longue”, s’il vous plaît.
-Ce sera tout ?
[…]

VOYAGER – V (2014)

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Voyager est un groupe australien roulant sa bosse depuis son premier album en 2003, quatre ans après sa formation. Ici, on parlera de V, le cinquième album, sorti indépendamment en 2014. Il dure presque 55 minutes et se compose de 13 titres.

Dès les deux premiers titres, que je trouve assez répétitifs (ceci étant la seule remarque négative de la chronique), Voyager nous dévoile un metal mélodique et progressif, beau et positif, avec une voix pop/easy listening. L’ensemble est aérien notamment grâce à ce chant clair et aux claviers.
Le troisième titre nous fait entendre la basse qui apporte du groove, les riffs sont hyper positifs, on trouve aussi un passage polyrythmique, témoignant d’une technicité parsemée intelligemment. De plus, le morceau met en place une diversité qui s’étale tout au long de l’album. Car la ligne directive de la mélodie est respectée mais Voyager s’en écarte pour éviter la linéarité et rester efficace sur la longueur. De ce fait, on trouvera trois morceaux qui font respirer l’album pourtant déjà facile d’écoute comme le morceau acoustique (au piano) “Summers Always Come Again”. On remarque également quelques rares variantes vocales: féminine sur “A Beautiful Mistake”, gutturale ou même autotunée sur “Orpheus”.
À cela s’ajoutent quelques passages plus énervés, comme les riffs des pistes “You, The Shallow” et “The Domination Game” qui sonnent metal moderne, ou le break final de “It’s A Wonder”.
Le synthé ne se fait pas oublier et maintient la musique aérienne sur bon nombre de titres.

V est un album facile d’accès et facile d’écoute, agréable car léger, et qui tient sur la longueur grâce à sa légèreté teintée de diversité.