[LIVE-REPORT] The One Hundred & Crossfaith à l’Orange Bleue, 27 février 2016 + BONUS

 

  Ça s’annonçait vraiment bien. En première partie, un jeune groupe britannique du nom de The One Hundred, qui a sorti un EP en 2014 (présenté dans DTU n°3) proposant un melting pot de genres tels que l’electro, le metalcore et le rap. En tête d’affiche, Crossfaith, dont le nouvel album est paru au début du troisième quadrimestre 2015. Ouais, en septembre quoi. Ce nouvel album, XENO, est plus accessible, mais vraiment taillé pour le show avec tout ce qu’il faut pour faire bouger la petite foule présente ce 27 février.

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  On arrive avec mon ami qui m’a conduit vers 20 heures, la salle n’est pas ouverte, on distribue des flyers pour un concert et pour un forum; la salle ouvre vers 20 heures 35, le moment pour moi de découvrir l’Orange Bleue, une bien belle salle ! La scène et le floor sont visibles dès les premiers pas dans le lieu, au second plan après le bar, qui passait du Madball et du du Sick of it All et qui se trouvait en face du stand de marchandising.

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  Débarquent sur scène vers 21 heures ces jeunes anglais de TOH qui sortent de leur pays originel pour la première fois. Leur set d’une trentaine de minutes est assez énergique pour chauffer la salle. Le show commence sur le titre electrocore “Kingsmen” qui nous met direct dans l’ambiance. On sait qu’on va bien bouger ce soir. Les gars nous jouent tout leur EP Subculture et y ajoutent un ou deux nouveaux morceaux, je ne me souviens pas vraiment. Cependant les morceaux que je connaissais (donc ceux de leur EP) me font bien bouger, et la fosse aussi, qui n’est pas forcément des meilleures au niveau du pit, parce que bon, entre autres, slammer sur “Unleashed” leur titre relativement mélodique et peu propice à ça, c’est pas bon signe. Mais bon, en y faisant abstraction, ça passe. “Breed” est lourde, pas autant que je l’attendais, mais lourde. Le chanteur, dont le style vestimentaire en rebuterait certains (t-shirt long, slim, casquette à l’envers) se sent bien à l’aise dans son chant varié. Les musiciens, plutôt figés en revanche, et ce n’est pas forcément un reproche, jouent leur musique carrément, et c’est l’essentiel, la fosse remue bien, jusqu’à la fin avec par exemple “Downfall” aux sonorités drum’n’bass qui est bien reproduite sur scène. The One Hundred sont bien contents de notre accueil. D’après les dires du chanteur durant et après le concert, “c’est pas pareil qu’en Angleterre”, on est “moins timides” (je crois que c’est ce qu’il a dit). Nous aussi on est content d’avoir vu ce groupe qui, espérons, grandira en notoriété (mais pas trop hein, faudrait pas que ça devienne un groupe commercial-nul, enfin ne soyons pas pessimistes).

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  Après une pause ni trop courte, ni trop longue, le temps d’aller boire et faire une photo avec le chanteur de TOH qui est super sympa, arrivent les japonais de Crossfaith, que j’attendais vraiment pour voir les titres de leur dernier album que je trouve pour la plupart super et addictifs, passer au filtre “en concert c’est toujours mieux”. Et effectivement, c’est le cas. Le concert commence avec “System X” une petite intro electro suivie comme sur leur dernier album de “Xeno” qui, comme avec The One Hundred, a son petit effet dès les premières notes. Sont joués plusieurs morceaux de cet album, “Raise Your Voice” qui nous fait particper au refrain, “Wildfire” qui est originellement chanté en featuring avec Benji Webbe de Skindred, mais ses parties vocales sont assurées par le clavériste, “Devil’s Party”, “Ghost in the Mirror”, de quoi faire bien jumper quoi ! Ouais, je laisse vite tomber le mosh, étant pourri par un ou deux qui se croient forts(que tu vois après se croire sur un gros breakdown alors que c’est une chanson plutôt mélodique à ce moment-là, bref) mais j’ai participé aux walls of death au nombre de six sauf erreur de ma part, aux circle pits niqués par des gars à contresens, j’ai tenté de faire du 2-step sur les moments propices, j’ai jumpé… C’est du sport un concert de Crossfaith ! Il faut dire que le groupe t’en donne envie, c’est énergique et énergisant, leur metalcore électronique, mélodique et/ou groovy, ne laisse pas indifférent, et permet au public de ressentir la musique comme il le souhaite, que ce soit en jumpant grâce au côté electro, en moshant sur ce metalcore, en tous cas il semble difficile de ne pas résister à ce punch fourni par Kento Koie et sa bande. Pour revenir à la setlist, on y trouve aussi “Photosphere”, “Scarlett” et pour finir “Countdown to Hell” le dernier morceau sur lequel Kento nous fait faire deux walls of death. On a même pas droit à une pause du style “Tears Fall”, mais il reste un chouïa d’énergie en nous, alors encore assoiffés de leur electrocore, le rappel est opéré et le batteur Tastuya Amano vient nous faire un solo de batterie super stylé qui précède une reprise de “Omen” de The Prodigy. Lourd ! Et enfin comme vrai dernier morceau, “Monolith” qui est je pense leur morceau le plus connu. Un set qui dure au final 1 heure et demie, le tout avec un très bon son (ce qui vaut pour les deux groupes) ! Crossfaith c’est une expérience à vivre.

  Une super soirée qui se finit personnellement par l’achat d’un bracelet TOH et une photo avec le chanteur, le batteur et le guitariste de Crossfaith.

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BONUS: CHRONIQUE DE XENO !

  Crossfaith c’est pour moi LE groupe de metalcore japonais, pas forcément parce que ce sont les meilleurs, mais parce que ce sont sûrement les plus connus. De ce que je sais, le groupe a débarqué en 2008-2009 avec une démo et un album proposant un metalcore basique, cliché voire emo, avec des sonorités électroniques sympas mais peu mises en avant. Sort deux ans plus tard leur deuxième album, montrant une musique moins adolescente (parce que oui, ils ont commencé jeunes), plus electrocore/groove mélodique, qui les fit monter en notoriété et participer à des festivals de plus en plus grands, chose qui n’a cessé d’augmenter avec la sortie de l’EP Zion en 2012 et de l’album Apocalyze en 2013. Maintenant, Crossfaith est un grand groupe, si on prend en considération le fait que peu de groupes créés dans les dix dernières années sont devenus énormes. Du fait de cette notoriété, il fallait s’attendre à un son plus mainstream, ce qui n’est pas forcément quelque chose de négatif.

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  Dès la moitié de l’intro “System X”, qui dure 1 minute 35, t’as déjà envie de danser. C’est un son qui ferait danser bien du monde. Elle précède le titre “Xeno”, un morceau purement electrocore avec des sonorités groove metal mélodique se rapprochant d’un Soilwork, période Figure #5/Stabbing The Drama notamment. Les deux tiers de l’album seront ainsi plus ou moins dans cette lignée. Une bonne partie de ces morceaux comportent un chant scream sur le couplet et un chant clean lors du refrain, avec comme exemples “Devil’s Party” ou “Ghost in the Mirror”. Mais il y a aussi le titre “Dystopia” qui lui scream tout au long de la chanson et martèle au passage, ou “Paint it Black” qui n’est pas un morceau repris des Rolling Stones, mais un morceau au couplet clean et au refrain en scream qui martèle bien aussi.
  Ne t’en fais pas, si certaines parties de ces titres ne te suffisent pas pour te bouger, il y a toujours “Raise Your Voice” pour chanter le refrain à tue-tête, ou bien évidemment le morceau de… dance-zouk-ragga-core (nan je suis sérieux) “Wildfire” en compagnie de Benji Webbe de Skindred qui fera danser quasiment n’importe qui (sauf toi, pauvre élitiste que tu es).
  Mais revenons à la batterie, et aux autres instruments. Les parties de batterie à double pédale sont peu nombreuses mais bien placées, lors du refrain de “Raise Your Voice” ou sur “Vanguard”, ce morceau un tiers sombre et deux tiers mélodique. Le synthétiseur est bien présent et fait plaisir à entendre, suivant à la perfection les parties énervées et les refrains ou autres parties mélodiques, tout comme les breaks, pour apporter une dimension moderne à l’image de l’artwork.
  Passons à la partie purement mélodique de l’album, entravée par “Paint it Black” mais qui commence avec “Tears Fall” un morceau lent, en chant clean, ça rappelle l’adolescence, tu sais quand t’écoutais du Bullet for my Valentine. Ensuite il y a “Vanguard” qui comme d’autres parties de l’album me rappelle Soilwork. Puis vient “Calm the Storm”, le calme après la tempête (Oui bon elle était facile celle-là). Tout en chant clair, ce titre amorce une ambiance en opposition à la déflagration d’electrocore foutue auparavant. Et enfin “Astral Heaven” clôt l’album avec de l’electro futuriste et mélodique.

  En gros, Xeno est un bon défouloir, varié mais pas trop, pas excessivement long et peu difficile à écouter si le metalcore ne vous dérange pas. En tous cas, je conseille et recommande XENO à qui le veut.